« Mettre sa valeur ajoutée dans le conseil apporté aux clients »

Interview de Cyrille Vue, Fondateur et Directeur d’Erpro & Sprint Plastique – Saint Leu la Forêt, Val d’Oise

Cyrille VueCyrille Vue a fondé en 1997 une entreprise de fabrication additive et de prototypage rapide qui compte aujourd’hui 9 personnes. Il a également fondé Sprint Plastique en 2004 qui emploie 35 personnes. Il réfute l’idée répandue selon laquelle l’impression 3D serait en train de vivre une révolution. Pour lui, la révolution date des années 80, le décollage du marché du début des années 2000. Alors le changement n’est pas vraiment pour maintenant? Lire la suite

L’éco-conception : « Le respect de l’environnement est implicite sur le marché haut de gamme »

RETOUR D’EXPERIENCE D’UNE DEMARCHE D’ECO-CONCEPTION

Interview d’Emmanuel Joussot, Dirigeant de l’ébénisterie Pierre Joussot & Fils à Champforgeuil en Saône-et-Loire

Héritière d’une riche tradition familiale, l’ébénisterie Pierre Joussot & Fils est spécialisée dans la fabrication de mobilier haut de gamme contemporain, la réédition de boiseries, de meubles anciens, de meubles en bois doré et de cadres ovales et ronds (savoir-faire unique en Europe). TPE de quatre personnes, elle s’est engagée en 2008 dans une démarche d’éco-conception.

D’où vous vient votre souci de l’environnement ?
J’ai toujours été sensible à l’écologie car j’ai grandi dans un milieu rural au sein d’une famille qui pratiquait l’agriculture de manière traditionnelle : on dirait aujourd’hui de manière « raisonnée ». Mon père et d’autres membres de ma famille travaillaient dans la filière du bois. J’ai repris l’entreprise de mon père dans les années 80 après avoir travaillé pendant 15 ans avec lui. Déjà dans les années 60 et 70, dans l’ébénisterie fondée par mon père on ne gaspillait pas, on respectait la matière première, on recyclait tout, on faisait attention aux consommations énergétiques tant dans une perspective écologique, qu’économique. Lire la suite

« Réparer des objets : au-delà de la symbolique, un modèle d’entreprise individuelle bien dans l’air du temps »

RETOUR D’EXPERIENCE MARCHE DE LA REPARATION : L’ENTREPRISE PEP’S DE REPARATION DE PARAPLUIES

Interview de Thierry Millet, artisan concepteur et réparateur de parapluies à Paris

L’activité de PEP’S est unique en France. Installé depuis 1967 dans le quartier du Sentier de Paris, l’atelier a été repris au début des années 2000 par Thierry Millet. Il y effectue chaque année des milliers de réparations de parapluies provenant du monde entier, et propose un choix unique de parapluies, d’ombrelles et de cannes de haute qualité.

Quand et comment vous êtes-vous lancé dans la réparation de parapluie ?
Au début des années 2000, j’avais derrière moi une carrière dans l’entreprise en tant que cadre dirigeant dans le secteur du mobilier design. Les événements de la vie ont fait que j’ai dû à cinquante ans passés m’inventer une nouvelle place dans le monde du travail. J’ai utilisé mes compétences manuelles, j’ai fait l’école Boulle dans ma jeunesse, et une opportunité,  la reprise d’une toute petite entreprise de réparation de parapluie.

Quelle analyse faisiez-vous alors du marché de la réparation ?
Si je me focalise sur mon objet de prédilection, le parapluie, les comptes sont rapidement faits : chacun achète et jette au moins 2 parapluies par an.  La France importe chaque année 12 à 15 millions de parapluies. Ils cassent tous plus ou moins sous la première forte pluie. Toutes les structures de parapluie sont chinoises. Il y a 400 sortes de parapluies, il en sort de nouveaux tous les 6 mois : la création est faramineuse et de plus en plus de mauvaise qualité pour réduire les coûts.

Une aberration d’un point de vue écologique ? Comment lutter ?
Faire des produits solides, durables. Privilégier ce type de consommation. Et faire réparer au lieu de jeter.

Quels sont les obstacles ?
J’en vois au moins deux :
- la croyance que faire réparer c’est plus cher que de racheter. C’est faux.
- la non-rentabilité à l’échelle industrielle du recyclage des parapluies ! Ca ne peut marcher que si on travaille tout seul comme moi. Je récupère les parapluies cassés que l’on me donne spontanément. Je les démonte et je récupère les pièces. Je recycle à mes frais, ce qui me permet de réparer toutes sortes de modèles.  J’ai  500 000 pièces détachées dans mon atelier. Il y a deux cents pièces dans un parapluie chinois.

Comment expliquez-vous la réussite de votre entreprise ?
Mon savoir-faire n’est pas unique. En revanche je suis le seul à l’exercer dans la réparation et je suis tout seul dans mon entreprise. Mon succès est bien sûr lié à ma personnalité et à ma capacité à me faire connaître. Pour pouvoir vivre de la réparation, il faut en effet avoir des volumes, et là je ne connais pas la crise ! Des parapluies m’arrivent du monde entier. Tous les fabricants français et européens me connaissent et renvoient vers moi les clients qui souhaitent faire réparer leur parapluie.

Est-ce que vous travaillez avec les recycleries et les Repair cafés?
Je suis connu de ces associations et je les connais. Mais réparer un parapluie ça n’est pas possible pour elles. Il faut des pièces détachées et pouvoir y accéder. Cela n’est possible que dans mon atelier. Le développement de ces associations est une bonne chose, car elles font la promotion du recyclage auprès des consommateurs.

La réparation d’un seul type de produit dans une entreprise c’est donc un modèle qui marche ?
Oui, il nourrit son homme. Avec la crise économique qui dure,  les problèmes environnementaux qui s’enlisent, la destruction des emplois industriels et l’incapacité du capitalisme à produire de la croissance, les standards de réussite professionnelle et les modes de vie d’hier ont été balayés. Aujourd’hui de nouveaux modèles de vie sont expérimentés et fonctionnent.

 


Pour en savoir plus :
Site web de l’entreprise PEP’S : http://www.peps-paris.com/

Lire aussi les articles :
Les opportunités du marché de la réparation
« Les consommateurs ont pris conscience du gaspillage inutile. »

La Charcuterie GILLET à Villebarou (Loir-et-Cher) se met au Drive

Dominique-Gillet-NBDominique Gillet a rejoint, dès son début, l’aventure du Drive fermier et artisanal Baladodrive. Elle fait partie des artisans leaders qui ont consacré beaucoup de leur temps (et cela continue !) à la construction de ce projet et à sa mise en place en mai dernier.

Vous êtes un établissement connu et reconnu sur notre territoire, pourquoi ce souhait de rejoindre le projet du drive ?
La caractéristique première de l’artisan est l’individualisme, chacun travaille dans son coin ! Cela m’a pesé toute ma carrière, moi qui suis une personne qui aime aller à la rencontre d’autrui ! Dès mon plus jeune âge j’étais engagée auprès des autres, j’ai même été monitrice de colo ! Alors quand on m’a présenté le projet du DRIVE, je n’ai pas hésité… même si on a tous tendance à dire que « c’est bien mais que l’on n’a pas le temps », je me suis dit que je le trouverai ce temps !
Car, en dehors de l’aspect innovant de la démarche, c’était aussi l’occasion d’une rencontre avec un secteur que je côtoyais peu et, je l’avoue, qui m’intimidait beaucoup : les producteurs et les éleveurs. Maintenant je me sens à l’aise et nos réunions ne sont pas « tristes » ! Les discussions sont animées et les artisans doivent y tenir leur place ! Lire la suite

Renaissance d’une boulangerie grâce à la finance participative

Interview de Julien Boussard, Boulangerie des Six Moulins à Saint-Rémy-lès-Chevreuse

Julien BroussardGérard Boussard et son fils Julien, tous deux boulangers et véritables passionnés, ont mis au point une gamme de pains élaborée exclusivement avec des farines issues de culture raisonnée et contrôlée ou issues de céréales d’agriculture biologique. En 2013, ils décident de s’agrandir en remontant une boulangerie en liquidation judiciaire située au coeur de la Vallée de Chevreuse. En quelques mois, le projet est devenu réalité avec l’aide du Parc Naturel Régional (PNR) Haute Vallée de Chevreuse… Julien Boussard nous explique comment.

Comment avez-vous connu la finance participative?
J’ai été orienté vers Hello Merci, la plateforme web de finance participative par un conseiller en développement économique du Parc naturel de la Haute Vallée de Chevreuse. Je venais de faire l’acquisition d’une boulangerie à Saint Rémy lors d’une liquidation judiciaire, et il y avait énormément de travaux pour la remettre en exploitation. Il nous manquait une partie du financement. Le conseiller m’a dit d’essayer. Le PNR est lui-même partenaire d’Hello Merci, et dans ce cadre il fait connaître cette opportunité. Lire la suite